L'histoire, on finira par l'oublier. Les premiers regards, les premiers mots. Les discussions embarrassantes, les câlins réconfortants. Les rires, les âmes qui se cherchent, les sourires hésitants. Les mains qui se frôlent, les secrets soufflés à l'oreille. Le premier saut, et le deuxième, et tous les suivants. On aura des souvenirs flous, des billets de cinéma, des smileys griffonnés au coin d'un cahier, des photos éparses. Bien sûr, on aura le présent, et ce qu'on aura construit. Nos sentiments, nos émotions qui se répondent. Un grand bâtiment, solide, haut, beau et fort. Mais les architectes ? Les ouvriers ? Seront-ils voués à rester anonymes ? L'histoire, un jour, on finira par l'oublier. Mais moi en attendant, j'écris pour laisser des traces. Et si un jour, un séisme vient faire écrouler le bâtiment et qu'il ne restera que le ressentiment, la haine, la colère ou la peur, alors peut-être qu'on se souviendra que quelque part encore, il reste des traces de « nous », et qu'avant, ça n'était pas juste « toi » et « moi ».
— 18h24.
LUXEMBOURG