jeudi 26 mai 2011

Longing.

Ses jambes scintillaient comme la mer d'Hossegor sous un soleil au zénith. Elle avait des petites paillettes posées délicatement sur la peau, qui rappelaient les reflets argentés de l'eau. Je me souvins des mouettes, petit point de lumière, qui venaient plonger dans l'océan, se fondant dans les faibles vagues. Puis d'un cri aigu, elles remontaient en perçant l'air de leurs ailes blanches. Je fermai les yeux, et me remémorai la sensation de l'air marin qui soufflait sur mon visage. J'étais né là-bas, les pieds dans l'eau, et chaque souvenir m'éloignait et me rapprochait à la fois de ma ville natale. Margaux marchait dans la rue comme on défile sur un podium, la tête haute, le pas léger, sans une once de simplicité. Le bruit de ses talons se répercutait contre le bitume brûlant des trottoirs sales de Paris, incomparable au bruit des sandales qui claquent contre les pavés du bord de plage.

Je me sentais bien, sa main dans la mienne. Nous nous promenions sans penser à rien d'autre, sans regrets ni citations ni grandes dates dans la tête, enfin libres d'agir comme bon nous semblait. Et pourtant, quelque chose manquait. Le sable chaud de mes plages d'enfance m'appelait, comme s'il requérait ma présence. Cet air de vacances perdait tout son sens à Paris, il se fendait sous la brise, s'éparpillant entre les touristes. Margaux me demandait souvent où j'allais, quand mes yeux se perdaient dans le vide, emprunts d'un regard de nostalgie, de désir et même d'envie. Je lui répondais juste que je me perdais dans mes pensées, et elle souriait tendrement. Elle ne pouvait pas comprendre, Hossegor. Parisienne de son état, elle se plaisait à observer le phare de la Tour Eiffel, le soir, depuis le balcon étroit de son immeuble. Moi, j'avais l'habitude de passer mes soirées à suivre la lumière émise par le phare qu'on voyait au large, qui balayait l'océan à des kilomètres, depuis ma grande terrasse.

Et puis, quand je devenais trop absent, Margaux s'élevait doucement sur la pointe des pieds pour venir me mordiller l'oreille, et mes pensées étaient attirées ailleurs. Elle avait ce don particulier de me faire tout oublier juste en posant ses lèvres au coin des miennes. Et pendant quelques heures, je ne pensais plus qu'à elle et son souffle chaud, et ses jambes scintillantes me procuraient une sensation de déjà-vu sur laquelle je ne pouvais plus mettre de nom.

10h29
PIQUE-NIQUE•VACANCES•BIARRITZ