Lui, la première fois que je l'ai vu, je me suis dit qu'il avait une trop grande bouche, et que ça lui bouffait tout le visage. Et puis il m'a souri, et j'ai compris que la Nature ne faisait vraiment jamais rien au hasard. Ce grand sourire, c'était charmeur, ça allait bien avec le reste de sa gueule d'ange. Ça allait bien avec tout.
Je me souviens l'avoir regardé avec mes grands yeux de chats de fille trop maquillée. Comme la pute flippée que j'étais, qui non seulement ne sait pas qui elle est, mais en plus ne sait pas où elle est ni ce qui se passe. Ça l'avait fait rire, et je n'avais pas voulu comprendre pourquoi ; je savais juste que ça le rendait beau, alors je n'avais pas bronché.
Je crois qu'il m'aimait bien, avec mes mots trop crus de fille qui s'en fout, et mon rire enfantin qui clashait avec mes jupes trop courtes et mes décolletés trop pigeonnants. Oui, tout était toujours trop, chez moi. J'étais une fille à excès.
Ce n'était un mec ni galant, ni attentif, et il n'en avait aucune prétention. Toujours habillé classe avec ses chemises immaculées et ses vestes à cinq cent euros, ça l'amusait de me pavaner à son bras, comme un accessoire hype. C'était le genre qui se la pétait, à qui on avait tout de suite envie de mettre un pain dans la tronche, mais il exerçait une sorte de fascination irrésistible sur les autres, moi comprise.
Il me donnait un lit, des fringues, de la bouffe, de la thune, et ce petit diadème en plastoc qu'on donne aux petites filles qui pensent un jour qu'elles deviendront des princesses. Il se foutait de moi ouvertement, mais je laissais faire, à ses pieds comme un gentil toutou en laisse. Mais c'était pas si mauvais, au fond. Malgré tout, malgré ses airs de maître dédaigneux, il lui arrivait d'être tendre et affectueux. Ces jours-là, j'avais l'impression d'être sa femme, vraiment, et pas juste la maîtresse qu'il se tapait dans l'appart' d'à côté.
Parfois, mon bout de trottoir me manquait. C'était pas une vie, il y en a qui trouvent ça dégradant. Oui mais à un moment donné, quand on a perdu sa dignité, on a creusé tellement bas qu'on ne se rend plus compte qu'on creuse encore. Et puis au moins, j'étais libre, pas comme les minettes d'à côté qui touchaient pas un sous de ce que ça leur rapportait.
Les jours ont passé, et il m'a introduite dans son groupe fermé de gens pétés de fric à ne pas savoir quoi en faire. Leurs soirées sont de grosses orgies de débauche. Ils boivent et baisent. Ils baisent et boivent. Et j'ai commencé à me demander ce que je foutais là. J'avais quitté un monde pourri pour un autre encore pire, rempli de gens qui se bousillaient juste parce qu'ils le pouvaient.
Et puis j'y suis restée quand même, parce que je valais pas mieux qu'eux. Histoire de sexe, d'argent et de drogue. J'ai passé ma vie shootée, à me faire prendre dans tous les coins de la capitale. Et quand j'essaie de partir, sa bouche trop grande au milieu de sa gueule d'ange me retient. C'est comme ça.
Je me souviens l'avoir regardé avec mes grands yeux de chats de fille trop maquillée. Comme la pute flippée que j'étais, qui non seulement ne sait pas qui elle est, mais en plus ne sait pas où elle est ni ce qui se passe. Ça l'avait fait rire, et je n'avais pas voulu comprendre pourquoi ; je savais juste que ça le rendait beau, alors je n'avais pas bronché.
Je crois qu'il m'aimait bien, avec mes mots trop crus de fille qui s'en fout, et mon rire enfantin qui clashait avec mes jupes trop courtes et mes décolletés trop pigeonnants. Oui, tout était toujours trop, chez moi. J'étais une fille à excès.
Ce n'était un mec ni galant, ni attentif, et il n'en avait aucune prétention. Toujours habillé classe avec ses chemises immaculées et ses vestes à cinq cent euros, ça l'amusait de me pavaner à son bras, comme un accessoire hype. C'était le genre qui se la pétait, à qui on avait tout de suite envie de mettre un pain dans la tronche, mais il exerçait une sorte de fascination irrésistible sur les autres, moi comprise.
Il me donnait un lit, des fringues, de la bouffe, de la thune, et ce petit diadème en plastoc qu'on donne aux petites filles qui pensent un jour qu'elles deviendront des princesses. Il se foutait de moi ouvertement, mais je laissais faire, à ses pieds comme un gentil toutou en laisse. Mais c'était pas si mauvais, au fond. Malgré tout, malgré ses airs de maître dédaigneux, il lui arrivait d'être tendre et affectueux. Ces jours-là, j'avais l'impression d'être sa femme, vraiment, et pas juste la maîtresse qu'il se tapait dans l'appart' d'à côté.
Parfois, mon bout de trottoir me manquait. C'était pas une vie, il y en a qui trouvent ça dégradant. Oui mais à un moment donné, quand on a perdu sa dignité, on a creusé tellement bas qu'on ne se rend plus compte qu'on creuse encore. Et puis au moins, j'étais libre, pas comme les minettes d'à côté qui touchaient pas un sous de ce que ça leur rapportait.
Les jours ont passé, et il m'a introduite dans son groupe fermé de gens pétés de fric à ne pas savoir quoi en faire. Leurs soirées sont de grosses orgies de débauche. Ils boivent et baisent. Ils baisent et boivent. Et j'ai commencé à me demander ce que je foutais là. J'avais quitté un monde pourri pour un autre encore pire, rempli de gens qui se bousillaient juste parce qu'ils le pouvaient.
Et puis j'y suis restée quand même, parce que je valais pas mieux qu'eux. Histoire de sexe, d'argent et de drogue. J'ai passé ma vie shootée, à me faire prendre dans tous les coins de la capitale. Et quand j'essaie de partir, sa bouche trop grande au milieu de sa gueule d'ange me retient. C'est comme ça.