[Cédric — 25 ans.
Aurore — 24 ans.]
Aurore — 24 ans.]
Histoire annexe.
3 mai. Cédric a un mauvais pressentiment. Chaque année, c'est devenu comme un rituel, il passe ce jour à l'hôpital. Il ose à peine sortir de chez lui, mais tout l'étouffe dans son appartement, et Aurore est partie pour la journée, après une dispute plutôt puérile, à propos de... de quoi ? Il ne s'en souvient même plus. Une histoire de verres et d'armoires.
Aurore est sur le chemin pour rentrer chez elle, des croissants aux amandes dans son sac. Elle n'aime pas vraiment cette viennoiserie-là, mais ce sont les préférés de Cédric, et elle est allée les acheter dans une petite boulangerie inconnue qui fait les meilleurs croissants qu'elle ait jamais goûtés. Elle a dit à Cédric qu'elle ne reviendrait pas avant le coucher du soleil, mais elle voulait juste marcher un peu pour s'éclaircir les idées. Ils se sont quittés plutôt fâchés, mais Aurore n'est pas rancunière. Et puis, c'était un peu sa faute aussi.
Les voitures klaxonnent à qui mieux mieux, à cause de ce camion de livraison qui s'est garé en plein milieu de la route. Les conducteurs s'échauffent. Les piétons parisiens ne bronchent pas, c'est le train-train quotidien.
Le brouhaha lui donne un peu mal à la tête. Aurore ne s'habituera jamais à vivre en plein capitale. Toute cette pollution, cette cacophonie qui ne s'arrête jamais...! Ce n'est pas tout à fait le genre de calme qu'elle recherchait en sortant pour s'apaiser, mais elle fait avec. Plus loin sur la route, des hommes déchargent leur camion pour un supermarché trop cher où elle ne se rend jamais. La circulation est bloquée, elle traverse sans faire attention aux feux, ne prenant pas la peine de chercher un passage piéton.
Cédric s'est décidé à aller se promener dans le quartier, profitant du soleil. Le vent souffle doucement au creux de son oreille, lui murmurant des secrets qu'il ne comprend pas. Il marche au gré de ses pas qui suivent des chemins connus mais oubliés, et Cédric serpente les ruelles jusqu'au grand boulevard.
Alice est en retard. Même très en retard. Et elle n'a pas que ça à faire que d'attendre gentiment que la voiture garée sur la place livraison s'en aille, ou pire, que le camion finisse son déchargement. Sur sa moto neuve flamboyante, elle essaie de se faufiler tant bien que mal entre les voitures. Aller, vite, plus vite. La porte ouverte du camion l'empêche de voir ce qu'il y a derrière, mais elle se doute bien qu'il n'y aura rien, le boulevard continue tout droit sur une bonne centaine de mètres encore sans qu'aucune voiture ne puisse venir des rues perpendiculaires. Alors elle fonce, accélère.
Aurore n'a jamais vu venir la moto. Elle a juste senti un choc immonde qui lui a brisé toutes ses côtes, du moins c'est l'impression qu'elle en a. Douleur. Dans tout son corps. Puis le noir total.
Un accident tout ce qu'il y a de plus stupide. Et ce corps ensanglanté en plein milieu, anormalement anguleux. Les passants s'attroupent autour de la scène, avec leur curiosité morbide qui se nourrit toujours des événements les plus horribles, tandis que les conducteurs s'enragent de ce deuxième contretemps qui leur bloque définitivement le passage.
Une rafale de vent plus forte que les autres fait trébucher faiblement Cédric. Elle lui rapporte ce qu'il se passe dans les rues qu'elle vient de traverser, mais Cédric ne l'écoute pas. Il ne parle pas le langage du vent. Mais le vent continue à souffler contre lui, et il arrive tout de même à comprendre qu'il faut qu'il se retourne et qu'il revienne sur ses pas. Et c'est là qu'il aperçoit le corps immobile au milieu de la chaussée, à travers le faible interstice que forment les badauds afin de laisser un passage à des médecins. Il n'y fait pas vraiment attention, jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il reconnaît les vêtements. Alors il accourt. Il bouscule la foule, il la connaît, laissez-le passer ! Et il hurle, puis il pleure, et il s'agenouille et bafouille. Aurore, sois forte, reviens-moi.
— 10h56
Une idée d'écriture dans laquelle je voulais me lancer.
De toute évidence, c'est joliment raté.
Une idée d'écriture dans laquelle je voulais me lancer.
De toute évidence, c'est joliment raté.