Son nom. Je lui ai simplement demandé son nom, chose qui semble à tout abord inoffensive. Mais quand il m'a énoncé innocemment qu'il s'appelait Cédric, je l'ai regardé avec des yeux ronds, une lueur de trahison dans mes prunelles. Depuis, j'ai tout fait pour l'oublier — son nom, pas lui.
Mais de toute évidence, ça n'a pas marché. Je me dis que je dois être bien fragile pour être affectée par ce simple mot — mais Cédric, c'était le deuxième prénom d'Aurélien, et tout ce qui touche à lui me rend encore folle de désespoir.
Je me souviens encore du jour où je suis arrivée au pied de notre arbre, et qu'il n'y avait personne. Aurélien n'avait jamais été en retard. J'ai simplement trouvé des paquets de cigarettes, et à l'intérieur, des mots simples qui me font encore l'effet de couteaux me lacérant le dos. « Je ne veux plus de toi. » Sans explication. Ce jour-là, mon cœur a éclaté en mille morceaux, et j'essaie encore d'en accoler les bouts.
Alors même ce nom, Cédric, que je n'ai pourtant jamais prononcé, me rappelle un passé trop chargé que j'aimerais oublier. S'il-vous-plaît, que quelqu'un vienne me sauver.
— 7 mars 2010, 14h53